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Comparatif · Musique traditionnelle

Gaita asturienne vs. gaita galicienne : les vraies différences

Les vraies différences entre la gaita asturienne et la gaita galicienne —accord, répertoire, technique et sonorité— sans le cliché qui les dit identiques ni la rivalité de souvenir.

Une gaita asturienne à outre noire et une gaita galicienne à outre bleue aux franges vertes, côte à côte sur une table en bois

La gaita asturienne et la gaita galicienne sont deux cornemuses distinctes, apparentées au sein de la même famille européenne des cornemuses à outre, qui diffèrent surtout par leur accord habituel, leur répertoire et leur technique de jeu. Ce n’est pas le même instrument sous deux noms, et ce ne sont pas non plus des rivales : ce sont deux traditions sœurs, chacune avec son caractère propre.

On me pose souvent la question, et presque toujours depuis l’un de ces deux clichés : soit « c’est tout pareil », soit « la mienne est meilleure que la tienne ». Aucun des deux n’aide. Je vais te dire les vraies différences.

Ce qu’elles ont en commun

Avant de les séparer, il vaut la peine de reconnaître la parenté. Toutes deux sont des gaitas de fol : elles ont un porte-vent, une outre, un punteru et, selon le modèle, un ou plusieurs bourdons. Les deux produisent une mélodie sur un bourdon continu, et les deux puisent dans les traditions du nord-ouest de la péninsule, avec des pièces d’une racine commune, comme la muiñeira.

C’est pour cela qu’on les confond en dehors d’Asturies et de la Galice. La parenté est réelle. Ce qui se passe, c’est que la ressemblance s’arrête là.

Les différences

Accord

C’est la différence la plus concrète. La gaita asturienne traditionnelle s’accorde dans plusieurs tonalités, les plus répandues étant si bémol, do et . La gaita galicienne possède son propre jeu d’accords habituels. Le résultat, c’est que deux gaitas issues des deux traditions, mises à sonner ensemble, ne s’accordent pas forcément sans plus : l’accord conditionne le timbre, le répertoire et avec qui joue chacune.

Répertoire

Chacune porte son propre recueil. Dans la gaita asturienne, le poids repose sur les alboradas, les marches processionnelles, les xirandillas et un répertoire cérémoniel et festif propre à Asturies. La gaita galicienne a son corpus, lui aussi très riche, avec ses formes et ses pièces. Il y a des recoupements —la muiñeira en est l’exemple clair—, mais l’essentiel du répertoire identifie chaque instrument à sa terre. La gaita galicienne et l’asturienne portent chacune son propre monde de pièces.

Technique et doigté

C’est ici la différence que remarque le plus celui qui joue. La façon d’articuler, les ornements, le doigté sur le punteru et la manière de « dire » une mélodie ne sont pas les mêmes. Un gaitero formé dans une tradition ne joue pas automatiquement bien dans l’autre : il doit en apprendre la grammaire. Le geste interprétatif est différent même si l’instrument se ressemble.

Sonorité

Additionne tout —accord, répertoire, technique— et tu obtiens deux sonorités reconnaissables. Pour une oreille exercée, distinguer une gaita asturienne d’une galicienne est immédiat. Pour une oreille non exercée, c’est affaire de comparer deux pièces à la suite et d’écouter la couleur de chacune.

En un tableau

Gaita asturienneGaita galicienne
FamilleGaita de fol européenneGaita de fol européenne
Accords habituelsSi bémol, do, réSon propre jeu d’accords
Cœur du répertoireAlboradas, marches, xirandillasRecueil galicien propre
Pièce partagéeMuiñeiraMuiñeira
TechniqueDoigté et ornements propresDoigté et ornements propres

La conclusion honnête

Qu’elles se ressemblent ne les rend pas identiques, et qu’elles soient différentes ne les rend pas rivales. La gaita asturienne et la gaita galicienne sont deux formes vivantes d’une seule et même idée —une mélodie sur un bourdon, alimentée par une outre— que chaque terre a résolue à sa manière. Connaître les deux n’enlève rien à aucune : cela aide à mieux entendre ce que chacune fait bien. Et je n’appelle aucune des deux bagpipe ni cornemuse hors de chez moi : chacune est sa propre gaita, comme je l’explique dans gaita, bagpipe, cornemuse : comment la nommer dans chaque langue.