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Guide · Musique traditionnelle

Qu’est-ce que la gaita asturienne ? Un guide pour les curieux

Ce qu’est la gaita asturienne, de quelles pièces elle se compose, dans quelles tonalités on l’accorde et pour quel répertoire on l’emploie. Un guide clair pour qui part de zéro.

Gaita asturienne aux franges grenat et dorées posée contre un mur de pierre, avec une vallée verte et des montagnes en arrière-plan

La gaita asturienne est l’instrument à vent à poche le plus représentatif de la musique traditionnelle des Asturies : un aérophone à outre composé de quatre pièces —soplete, fol, punteru et roncón— qui tient un son continu pendant qu’il sonne. Si tu en as entendu parler sans savoir par où la prendre, ce guide te donne l’essentiel sans détours.

J’en joue tous les jours, alors je vais te la raconter comme je la raconte à quelqu’un qui la voit pour la première fois : ce qu’elle est, comment elle est faite, comment elle sonne et à quoi elle sert.

À quelle famille elle appartient

La gaita asturienne est une gaita de fuelle, c’est-à-dire une cornemuse à outre. Elle appartient à la grande famille européenne des cornemuses, la même que celle de la gaita galicienne, de l’écossaise ou de l’uilleann pipe irlandaise. Elles partagent le principe mécanique —un réservoir d’air qui alimente les anches—, mais chacune a son accord, son répertoire et sa technique propres.

Qu’elles soient apparentées ne veut pas dire qu’elles sont interchangeables. La gaita asturienne a une identité sonore reconnaissable pour qui la connaît, et elle fait partie de la musique traditionnelle asturienne, non d’un « son celtique » générique. C’est pourquoi, hors des Asturies, je l’appelle gaita et non bagpipe ni cornemuse : je l’explique dans gaita, bagpipe, cornemuse : comment la nommer dans chaque langue.

De quelles pièces elle se compose

La gaita asturienne compte quatre composants, chacun ayant une fonction précise :

Pièce Ce que c’est Fonction
Soplete Tuyau par lequel on insuffle l’air Entrée du système
Fol (outre) Réservoir d’air Maintient le son sans coupure quand on le presse avec le bras en respirant
Punteru Tuyau mélodique, percé de trous Là où se fait la musique : la main ouvre et ferme les trous pour tirer la mélodie
Roncón Tuyau de bourdon Produit le ton grave et continu qui accompagne tout ce que joue le punteru

Comprendre ces quatre pièces explique presque tout ce que tu entends : une mélodie (punteru) sur un bourdon fixe (roncón), alimentés par un air qui ne se coupe jamais (fol et soplete).

Dans quelles tonalités on l’accorde

Il n’y a pas une seule gaita asturienne : il y a des gaitas dans différentes tonalités. Les plus répandues sont si bémol, do et ré.

La tonalité n’est pas un détail mineur. Elle change le timbre de l’instrument et détermine avec quelles pièces et avec quels autres instruments ou voix il s’accorde le mieux. Une gaita en si bémol et une en ré sonnent comme des instruments parents mais distincts, et un gaitero choisit en général selon ce qu’il va jouer et avec qui.

À quoi elle sert : le répertoire

La gaita asturienne est liée au répertoire de la musique traditionnelle des Asturies. Quelques types de pièces que tu vas rencontrer :

  • Alboradas. Pièces d’aube, associées à l’ouverture des fêtes.
  • Marches processionnelles. Le répertoire cérémoniel, lié aux romerías et aux actes solennels.
  • Xirandillas. Pièces de danse, vives et au rythme marqué.
  • Muiñeiras. Danse de racine partagée avec le nord-ouest de la péninsule, présente elle aussi dans le répertoire asturien.

À côté de celles-ci, il y a un vaste répertoire festif et cérémoniel. Ce n’est pas un répertoire fermé : on continue de le jouer en concert, de l’enregistrer et de le composer depuis la racine. La gaita asturienne est un instrument vivant, non une pièce de musée. Cette vitalité repose sur une base technique concrète : la transition vers le tempérament égal, impulsée par Alberto Fernández Velasco dans les années 80 et 90, qui a rendu possibles les bandas de gaitas et l’intégration avec d’autres instruments.

Quoi écouter en premier

Si tu veux passer de la théorie à l’oreille, cherche une alborada et une xirandilla à la suite : la première te montre le côté cérémoniel et lent ; la seconde, le côté danse. Entre les deux, tu tiens les deux extrêmes du caractère de l’instrument.

Et quand tu écoutes, prête attention au bourdon. Une fois que tu distingues le bourdonnement continu du roncón sous la mélodie du punteru, tu entends déjà la gaita asturienne comme l’entend un gaitero.

Si tu veux en plus savoir qui porte aujourd’hui cet instrument —conservatoire, écoles, bandas—, voici le panorama actuel de la gaita asturienne.

Bibliographie

  • Fernández Velasco, Alberto. La gaita asturiana: historia, técnica y repertorio. Caja de Ahorros de Asturias, 1991. La description canonique de l’instrument, de ses pièces et de son histoire.
  • Baines, Anthony. Bagpipes. Oxford: Pitt Rivers Museum, 1960. Pour situer la gaita asturienne dans le contexte des cornemuses européennes à outre.

Questions fréquentes

  • La gaita asturienne est-elle la même chose qu'une bagpipe ?

    Elle appartient à la même famille — les cornemuses à outre européennes — mais ce n’est pas la même chose. Bagpipe est le terme générique en anglais pour toute cornemuse à soufflet. La gaita asturienne a son propre accordage, son propre répertoire et sa propre technique. C’est pourquoi hors d’Asturies on l’appelle gaita, pas bagpipe : le nom fait partie de l’instrument.

  • De quelles pièces se compose une gaita asturienne ?

    La gaita asturienne a quatre composants : le soplete, le fol (l’outre, réservoir d’air), le punteru (le tube mélodique avec des orifices) et le roncón (le tube de bourdon qui produit un unique son grave et continu). Comprendre ces quatre pièces explique presque tout ce qu’on entend : mélodie sur bourdon, avec un air qui ne s’interrompt jamais.

  • Qu'est-ce que le roncón de la gaita asturienne ?

    Le roncón est le tube de bourdon de la gaita asturienne : il produit un unique son grave et continu qui accompagne tout ce que joue le punteru. C’est ce bourdonnement de fond caractéristique qui donne à la gaita son caractère. Ce n’est pas une note d’ornement : c’est la base harmonique sur laquelle se construit toute la mélodie.